Riposte aux autres maladies de l'Afrique

Les maladies transmissibles qui sévissent en Afrique en ce vingt-unième siècle, tels le paludisme, les infections, le VIH, maintiennent leur pouvoir de morbidité et mortalité, frappant les populations ayant de grandes difficultés pour l'accessibilité aux soins.

A ces maladies qui concentrent sur elles tous les combats, sont venues se rajouter les maladies non transmissibles telles l'hypertension, le diabète, les cancers, les maladies respiratoires chroniques, etc, touchant aujourd'hui des proportions non négligeables des populations africaines.

Face à l'avènement de la Covid-19, l'Afrique montre jusque là une résilience particulière. Les taux de contamination, d'hospitalisation, de décès dans la plupart des pays ne ressemblent en rien aux scénarios catastrophiques des autres continents. Les taux de guérison restent généralement très bons pour un continent dont la mauvaise qualité des structures sanitaires faisait présager le pire.

Nous avons prédit sur med.africa, par des analyses contextuelles, dès au départ, cette résilience, et ceci quand plusieurs prédisaient une hécatombe. Nous avons émis certains facteurs qui justifieraient cette attitude du continent vis à vis du coronavirus Sars-CoV-2.

Parmi ces facteurs, il y a la riposte précoce et efficace des autorités sanitaires de chaque pays contre la pandémie, avec l'élaboration de programmes de sensibilisation, de mesures de protection, de détection maximale, de mise en quarantaine des cas suspects, de prise en charge intégrale des cas confirmés, de contrôle et suivi post-hospitalisation.

Imaginez une même élaboration de riposte, adaptée et appliquée pour toutes ces maladies qui minent la santé des africains, persistant à l'état endémique, et constituant un frein au développement de nos sociétés…

L'Afrique pourrait, si la majorité des populations jouit d'une bonne santé, amorcer véritablement un tournant historique vers l'émergence… Car un citoyen en bonne santé travaille, crée de la valeur ajoutée, partage, s'émancipe, s'épanouit et ne constitue pas une charge pour sa communauté ou pour l'Etat.

Dr Djamila Ferdjani