Stades de l'épidémie COVID et ripostes

  1. DEFINITION DES STADES DU COVID

 Stade 1: Freiner l'introduction du virus

Le stade 1 de l’épidémie correspond à un moment où le virus n’est pas en circulation sur le territoire et l’objectif est alors d’empêcher que cela se produise. Le but est donc de détecter les cas isolés le plus rapidement possible, les placer en confinement et si le cas est avéré, retracer leur parcours pour retrouver les personnes avec qui elles ont été en contact afin de les traiter le cas échéant.

Stade 2: Endiguer la propagation du virus

Ce stade correspond à l’apparition de contamination locale et de foyers à différents endroits du territoire. Le but à ce stade est encore de freiner la propagation du virus et de laisser le temps aux établissements de santé de se préparer pour faire face à l’épidémie et un potentiel passage au stade 3. Les patients identifiés comme des cas suspects ou avérés sont pris en charge dans des établissements habilités pour le traitement du Covid-19.

Stade 3 : Atténuer l'épidémie

Le stade 3 signifie que le virus circule activement sur le territoire et que les efforts doivent être déployés pour contrôler la situation. Les données des autres pays montrent que cette phase peut durer entre 8 et 12 semaines. A ce stade, il n’est plus question de freiner l’épidémie mais d’en atténuer les effets par la prise en charge médicale et la rupture des chaînes de contamination.

Stade 4 : Retour progressif à la normale

Le passage au stade 4 représente une bonne nouvelle car il annonce le retour à la normale et la fin des restrictions prises par les autorités. Cette étape de l’épidémie est définie par un passage en dessous du seuil déterminé par les instituts de Veille Sanitaire. Ce niveau ne signifie pas pour autant la fin de l'épidémie, une nouvelle vague demeure possible et une surveillance sanitaire reste de mise dans les semaines, mois et même années à venir.

2) LES MESURES DU STADE 3

En Afrique, le Covid-19 a touché la totalité des pays en cette fin Mars 2020. Ces pays sont passés presque tous aux mesures généralement préconisées pour le stade 3. Résumons les mesures idoines du stade 3:

  • Confinement à domicile pour ceux qui ne sont pas obligés de sortir, ou confinement intégral ou confinement couplé au dépistage
  • Mobilisation collective des professionnels de santé (médecins de ville, établissements de santé, nationaux et privés)
  • Mise en place de centres d’hospitalisation dédiés au Covid-19 sans mixage avec les autres malades
  • Restrictions de circulation : fermeture des transports en commun, limite des passagers pour les taxis, les minibus, fermeture de la circulation entre villes atteintes et les autres
  • Fermeture des crèches et établissements scolaires
  • Fermeture des bars, restaurants, cinémas et commerces non-essentiels
  • Restriction de la circulation et rassemblements nocturnes par un couvre-feu
  • Protection des populations fragiles avec notamment interdiction des visites aux personnes âgées et aux malades hospitalisées
  • Préparation de la part des autorités d’un plan d’allègement des charges pour les populations et d’aide aux populations les plus fragiles

À compter du passage en stade 3, tous les lieux, recevant du public, non essentiels à la vie du pays doivent être fermés et seuls les suivants peuvent rester ouverts :

  • Magasins et marchés d’alimentation
  • Pharmacies
  • Laboratoires
  • Banques
  • Stations essence
  • Vente de cartes de recharges téléphoniques
  • Vente ou réabonnements des bouquets de télévision

Les services qui resteront ouverts vont se réaménager, s'adapter, et prendre toutes les mesures de sécurité qui sont le lavage systématique des mains au savon avant d’entrer, le port des masques pour les employés qui reçoivent des clients, la distanciation (entre clients et entre employés), et la désinfection régulière (avec antiseptiques, ou eau de Javel diluée à 4 cac par litre d’eau) des surfaces et objets touchés par les mains. Les restaurants et assimilés peuvent se limiter à la vente à emporter ou à la livraison et prendre des dispositions d’hygiène stricte au sein de leurs entreprises.

Le confinement intégral en Afrique où la plupart des gens s’adonnent à des activités leur permettant de vivre au jour le jour sera très difficile à appliquer et des conséquences assez graves peuvent en découler. La mesure de confinement doit être adaptée au contexte.

La sensibilisation doit être poursuivie grandement par tous les canaux possibles. Les services de la ville doivent être sur pied d’œuvre pour nettoyer, désinfecter les marchés et les forces de sécurité pour faire respecter les mesures de sécurité édictées.

Les lignes vertes mises en place pour le Covid-19 doivent être pratiques, efficaces, fonctionnelles, 24h/24, et le personnel bien formé et informé pour répondre à toutes les préoccupations des citoyens.

3) PRISE EN CHARGE DES MALADES

Si l’épidémie s’accélère, et que les centres de santé dédiés sont débordés, les cliniques privées doivent être mises à contribution et se préparer en conséquence.

Toutes les ressources humaines du domaine de la santé, en activité ou pas, doivent se tenir prêtes en cas de besoin accru de personnel médical. La médecine privée doit répondre présente en mettant en place des unités de « cohorting » qui désigne le regroupement de patients infectés par le même agent infectieux afin de confiner leurs soins dans une seule aire et prévenir les contacts avec des patients vulnérables. Pour les unités de cohorting, les professionnels sont formés pour les tests, pour la prise en charge médicale élaborée par les autorités sanitaires et pour la réanimation. Le matériel nécessaire à la protection du personnel, à la prise en charge des malades, les tests et les médicaments doivent être disponibles en quantité et qualité.

Des équipes médicales doivent être prêtes pour un programme d’alternance astreignant. Les médecins des cabinets privés doivent se former pour répondre à toutes les questions posées par leurs patients et être autorisés, en cas de débordement des centres dédiés, à consulter par téléphone et prescrire le test ou le protocole de traitement mis en place par le ministère de la Santé et dont la disponibilité ne fera pas défaut.

La collaboration entre autorités sanitaires, centres hospitaliers nationaux et cliniques privées doit être très active et faire preuve de solidarité pour surmonter les difficultés qui vont nécessairement se poser.

L'équipe médicale Med.Africa