Hydroxychloroquine et prévention de la Covid-19 ?

Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université du Minnesota et du Canada, l’hydroxychloroquine prise pour prévenir et empêcher la Covid-19 de façon préventive serait inefficace.

Alors que Donald Trump avait affirmé prendre ce médicament à titre préventif et à plusieurs reprises vanté ses mérites en décidant d'en envoyer au Brésil fortement touché par l'épidémie, cette étude réalisée sur 821 personnes en contact avec des personnes exposées au Covid-19, montre que le médicament antipaludique n’empêche pas d'attraper le coronavirus.

Dans les quatre jours suivant l'exposition au virus, une partie des patients ont reçu de l' hydroxychloroquine et les autres un placebo. Au bout de deux semaines, ils ont subi des tests.

Selon cette étude, parmi ceux qui prenaient de l'hydroxychloroquine, 49 sur 414, soit 11,8 %, sont tombés malades. Dans le groupe qui a pris un placebo, 58 sur 407, soit 14,3 %, sont tombés malades. Statistiquement, la différence entre ces deux taux n'est pas significative », constatent les chercheurs.

En d'autres termes, « le message à retenir pour le grand public est que si vous êtes exposé à quelqu'un avec Covid-19, l'hydroxychloroquine n'est pas un traitement préventif post-exposition efficace », affirme le docteur David R Boulware, de l'Université du Minnesota.

« Le médicament avait montré une certaine capacité à empêcher le virus d'infecter les cellules dans des études de laboratoire. Mais malheureusement, cela ne s'est pas traduit par un effet bénéfique sur le terrain pour prévenir le développement de la maladie », ajoutent les chercheurs.

En même temps, le médicament, selon cette étude, n'a pas non plus aggravé la maladie. Les effets secondaires comme les nausées de l'hydroxychloroquine étaient plus fréquents que ceux des placebos (40,1 % contre 16,8 %) mais il n'y a eu aucun problème de rythme cardiaque ni aucun autre effet indésirable grave. Contrairement à ce qu'avait avancé une étude publiée dans The Lancet le 28 Mai puis remise en cause par la suite… Mercredi 3 Juin, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé qu'elle reprendrait les essais qu'elle avait suspendus sur ce médicament.

Évidemment, comme toutes les études sur l'hydroxychloroquine, les défenseurs de ce médicament ont critiqué l'étude. Pouquoi ne pas avoir donné l'Hydrochloroquine plus tôt ? Le choix des personnes traitées était-il judicieux ? Questions tout à fait légitimes..

Toujours est il que ce débat qui n'en finit pas au sujet de l'efficacité ou des risques de l'Hydroxychloroquine, déroute autorités sanitaires et médecins. Même si jusque là sur le terrain, aussi bien dans des pays africains que dans d'autres pays, à chaque fois que l'Hydroxychloroquine a été utilisée précocement pour le traitement, associée à l'Azithromycine, les taux de guérison ont été importants.

Source de l'étude: https://www.nytimes.com/2020/06/03/health/hydroxychloroquine-coronavirus-trump.html