Comment lutter contre l'angoisse face au Covid-19?

A l'heure du Covid-19, il est difficile pour beaucoup de garder leur sang-froid car une pandémie est inévitablement anxiogène. Le Covid-19 continue sa progression exponentielle. Comment contrôler l’anxiété qui monte en chacun, en réaction à cette menace qui ne ressemble à aucune autre connue ?

Le fait de ressentir de l’anxiété face à une menace est une réaction tout à fait normale mais un niveau d’anxiété élevé et constant peut compromettre nos ressources mentales en temps de crise où nous en avons le plus besoin. Les personnes qui souffrent déjà en temps normal de troubles de l’anxiété peuvent aggraver leurs difficultés psychologiques pendant cette crise de Covid-19.

Voici 7 suggestions qui peuvent aider, selon plusieurs psychologues:

1. S’entraîner à accepter l’incertitude

Le fait de ne pas supporter l’incertitude rend plus vulnérable à l’anxiété. Une étude réalisée pendant la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009 a montré que les personnes qui avaient plus de mal à accepter l’incertitude de la situation pouvaient ressentir une anxiété très élevée.

Il faut apprendre à faire progressivement face à l’incertitude dans la vie quotidienne en relâchant les pensées où l’on pense pouvoir tout contrôler.

2. Combattre le paradoxe de l’anxiété

Les comportements de l’anxiété ont de nombreuses formes : boire plus que de raison, manger trop ou abuser de la télé et des séries, chercher du réconfort en permanence auprès de ses amis, de sa famille ou de spécialistes de la santé, consulter obsessionnellement les informations sur le net, dans l’espoir de calmer ses craintes.

Bien que ces comportements puissent aider momentanément, ils ne font qu’aggraver l’anxiété à long terme.

Laissez plutôt les pensées, les sentiments et les sensations physiques liées à l’anxiété vous envahir, en acceptant l’idée que l’anxiété fait partie intégrante de l’existence humaine. Lorsque des vagues d’anxiété affluent, respirez profondément, prenez des notes ou décrivez cette expérience aux autres, sans aucun jugement. Résistez à l’envie de fuir ces pensées ou ces sensations, ou d’apaiser vos craintes en vous informant de façon compulsive. Paradoxalement, faire face à l’anxiété sur le moment aide à l’apprivoiser sur le moyen terme.

3. Dépassez votre anxiété existentielle

 Tout ce qui menace notre santé déclenche une crainte profonde et permanente : la peur de la mort. Face à ces rappels sur leur propre mortalité, les gens peuvent sentir une anxiété importante et trop se focaliser sur tout signe probable de la maladie. Essayez de vous connecter à ce qui a du sens pour vous, à ce qui compte dans votre vie, les relations avec les proches, la spiritualité, la réflexion sur une cause qui vous tient à cœur. Se concentrer sur le pourquoi de la vie et chercher à comprendre son sens peut aider à surmonter une anxiété inévitable en cette période de crise.

4. Ne sous-estimez pas votre capacité de résilience

Beaucoup de gens craignent de ne pas s’en sortir si le virus se manifeste au travail, dans leur famille ou dans leur foyer. Ils s’inquiètent de la façon dont ils feront face à une quarantaine, à la fermeture de services ou à une perte de salaire. L’esprit humain est doué pour prédire le pire. Les gens ont tendance à surestimer la gravité des conséquences liées à des événements imprévus et, dans le même temps, à sous-estimer leur capacité à faire face et à s’adapter aux situations difficiles.

N’oubliez pas que vous êtes plus résistant que vous ne le pensez. Cela peut vous aider à atténuer votre anxiété. L'être humain a un grand pouvoir de résilience quand il garde son calme et son pouvoir de réflexion.

5. Ne surestimez pas la menace avec éxagération

Certes, le virus peut être dangereux, en raison de son taux de mortalité estimé entre 1,4 % et 2,3 % ou plus. Tout le monde devrait donc prendre sérieusement les précautions nécessaires pour lutter contre sa propagation. Il faut garder à l’esprit que les humains ont tendance à exagérer le danger associé à des menaces inconnues par rapport à celles qu’ils connaissent déjà, comme d' autres maladies, les accidents de voiture. La couverture médiatique constante contribue au sentiment de danger, ce qui entraîne une peur accrue et une escalade du danger perçu.

Pour réduire l’anxiété liée à cette actualité, il est recommandé de limiter votre exposition aux informations sur le coronavirus, de prendre les infos sur des sites réglementés. Nous sommes plus anxieux lorsque nous sommes confrontés à des situations que nous ne pouvons pas comparer à une situation connue. L’anxiété que cela provoque, et c’est là le cercle vicieux, rend les choses encore plus terribles à vivre.

6. Prenez encore plus soin de vous

En ces temps difficiles, en plus de respecter strictement les mesures de protection contre l'épidémie, il est important de se rappeler les méthodes connues de prévention et de réduction de l’anxiété. Dormez suffisamment, faites régulièrement de l’exercice, pratiquez les prières ou la méditation selon votre spiritualité, et utilisez des techniques de relaxation lorsque vous sentez une boule dans le ventre ou des palpitations. Le fait de privilégier ces comportements pendant la crise peut contribuer grandement à améliorer le bien-être psychologique et à renforcer le système immunitaire.

7. Au besoin, faites appel à l’aide d’un professionnel

Les personnes habituellement très angoissées ou ayant des antécédents de troubles psychologiques peuvent être particulièrement éprouvées par cette période d’épidémie. Par conséquent, elles peuvent ressentir des symptômes qui vont influer sur leurs relations sociales, leur capacité de travail, ou leur capacité à prendre soin d’elles et des autres. Si vous vous sentez concerné, recherchez une aide professionnelle auprès de votre médecin ou d’un professionnel de la santé mentale. La thérapie psychologique et certains médicaments peuvent aider à traiter efficacement les problèmes d’anxiété.

Bien que vous puissiez vous sentir impuissant pendant cette période stressante, ces stratégies peuvent vous aider à éviter d’être submergés par l’anxiété et à mieux traverser l’épidémie.