LA MALADIE HEMORROIDAIRE

     

C’est quoi la maladie hémorroïdaire?

Communément appelée Hémorroïdes, il s’agit plutôt de la maladie hémorroïdaire. Car les hémorroïdes sont en fait des vaisseaux normaux qui tapissent le conduit interne de l’anus (hémorroïdes internes) ou situés sous la peau autour des plis de l'anus (hémorroïdes externes).

Leur présence est normale et constante chez tout individu dès la naissance.

La maladie hémorroïdaire, elle, se définit par des manifestations anormales au niveau de ces vaisseaux : saignements, douleurs, augmentation de volume. Elle touche autant l'homme que la femme. Les femmes s'en plaignent peut-être moins et sont peut-être moins souvent opérées, ce qui donnerait l'impression d'une plus grande fréquence masculine.

Elle apparaît surtout à la trentaine et reste rare chez l'enfant. Elle devient moins fréquente après 60 ans. 

Quelles sont les causes ?

Il n'y a pas de cause précise de la maladie hémorroïdaire. Mais il y a des facteurs de risque :

  • Les troubles du transit digestif : constipation surtout mais aussi diarrhée
  • Certains aliments aggravent les symptômes : alcool, épices, alimentation pauvre en fibres
  • La sédentarité, les métiers conduisant à une position assise prolongée (chauffeurs, pilotes d'avion) ou debout prolongée (cuisiniers, coiffeurs, vigiles…) sont à risque
  • Les sports pratiqués assis comme : équitation, moto, vélo ont été identifiés comme étant un risque
  • Certains médicaments : comme les laxatifs, les hypnotiques ou les antidépresseurs, mais surtout les traitements locaux comme des suppositoires
  • La chaleur
  • Chez la femme : à la période précédant les règles, mais aussi pendant la grossesse ou lors de l’accouchement.

Quels sont les mécanismes ?

Les manifestations de la maladie hémorroïdaire peuvent s'expliquer :

  • Soit par un excès de sang artériel dans les vaisseaux hémorroïdaires (émission de sang rouge)
  • Ou par une gêne à la vidange des veines anales (formation de caillots ou thromboses)
  • Ou par un relâchement du tissu élastique qui retient les vaisseaux hémorroïdaires contre la paroi de l'anus (descente des paquets appelée prolapsus).

C’est plutôt vers la trentaine que les hémorroïdes vont commencer à se manifester. Le sujet jeune souffrira surtout de thromboses externes, alors que le sujet âgé souffrira de prolapsus à cause du relâchement tissulaire.

Quels sont les signes de la maladie hémorroïdaire?

Les hémorroïdes peuvent n’entraîner aucun signe ou à l’inverse se manifester essentiellement par trois signes : la douleur, les saignements, le prolapsus.

La douleur et le saignement sont au centre des symptômes :

  • La douleur est très variable : Elle peut être une sensation de gêne, de douleur modérée, de pesanteur, de tension, de poids ou de picotement dans l'anus. Elle peut être déclenchée lors de l’émission des selles ou à l’effort. Chez la femme, elle survient volontiers en période pré menstruelle. L’intensité de la douleur peut être très sévère, gênant la marche et la position assise en cas de thrombose hémorroïdaire interne ou externe, d’étranglement ou d’autre affection (fissure, abcès…).
  • Les saignements sont typiquement de sang rouge et généralement peu abondants contrairement à l’impression qu’ils donnent. Le saignement survient en fin de défécation, sur le papier toilette, dans la cuvette ou dans les sous-vêtements. Quelles que soient la durée et l'intensité, le saignement n'est pas en soi un signe de gravité mais doit rester une sonnette d'alarme et amener à consulter un médecin.
  • Le prolapsus est la descente dans l’anus ou à l’extérieur de l’anus d'un ou plusieurs paquets hémorroïdaires. Il peut se produire pendant l'effort de la défécation, et réintégrer spontanément ou manuellement, sa place.

Comment faire le diagnostic?

Le diagnostic est fait principalement par le médecin qui effectue un examen du pourtour de l’anus et par un toucher rectal.

Il existe plusieurs stades dans l'évolution des hémorroïdes :

  • Grade 1 : Les hémorroïdes ne s'extériorisent pas
  • Grade 2 : Les hémorroïdes s'extériorisent lors des poussées (défécation, effort) et rentrent spontanément
  • Grade 3 : Les hémorroïdes s'extériorisent lors des poussées, peuvent être réintégrées manuellement et restent à l'intérieur
  • Grade 4 : Les hémorroïdes s'extériorisent lors des poussées et peuvent être réintégrées manuellement mais ressortent : les hémorroïdes sont à l'extérieur de l'anus en permanence.

Le médecin peut demander un examen d'endoscopie en cas de saignement abondant pour éliminer une autre maladie.

Comment traiter la maladie hémorroïdaire ?

Les traitements sont classés en trois parties: les médicaments, la régulation du transit intestinal et la chirurgie :

  • Les traitements médicamenteux :

Beaucoup de médicaments sont disponibles en pharmacie avec ou sans ordonnance. En cours de poussée, des anti-inflammatoires et des pommades à la cortisone peuvent être utilisés pour traiter la douleur.

Les médicaments généraux, sous formes de comprimés ou ampoules buvables, sont des toniques et protecteurs veineux identiques à ceux qui sont utilisés pour les problèmes de circulation des jambes. Ils sont surtout efficaces au début d'une crise, à forte dose et pendant une période brève pour traiter les hémorroïdes internes. Il n'a pas encore été prouvé qu'ils sont efficaces dans la prévention des crises et leur utilisation prolongée ne semble pas apporter de bénéfice.

  • Régulation du transit digestif :

Lorsque le diagnostic est confirmé, le cœur du traitement c’est de régulariser son transit en luttant contre toute constipation : boire beaucoup d’eau, faire du sport, manger fruits et légumes, diminuer riz, pâtes, et pain.

  • Traitement chirurgical :

Il est possible de soigner les hémorroïdes par la chirurgie. Elle est efficace et bien tolérée. Il s'agit de ligaturer les vaisseaux qui irriguent les paquets hémorroïdaires à leur base et d'exciser ces paquets. C'est une intervention simple dont les résultats à long terme sont excellents.

Les récidives, rares, sont tardives et avec des signes moins importants que ceux qui ont nécessité l’intervention et alors plus faciles à soigner par un traitement médical.

L'hospitalisation est courte (3 à 7 jours). La cicatrisation est complète en 3 à 6 semaines.

Cette chirurgie a la réputation d’être douloureuse, les patients la redoutent et souvent la retardent. Alors que des traitements antalgiques et anti-inflammatoires dans les suites immédiates de l’opération ainsi qu'une bonne information rendent ces douleurs tout à fait acceptables et passagères.

Quelle prévention ?

  • Augmenter la quantité de fibres dans son alimentation avec fruits et légumes, aussi bien crus que cuits, et boire suffisamment d’eau sont des mesures indispensables.
  • L'activité physique, même modérée mais régulière, favorise le transit, tonifie les muscles et prévient les hémorroïdes.
  • Pour les métiers à risque, éviter les mêmes positions sur une longue durée, changer d’assise, prendre des pauses
  • Il faut lutter contre la constipation chronique avec la possibilité d’utiliser des laxatifs doux ou d'augmenter la proportion de fibres dans ses repas.
  • Pratiquer une hygiène anale raisonnable
  • Eviter de soulever des poids lourds régulièrement
  • Réduire les épices, réduire l’alcool
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