1er cas de COVID 19 au Niger

Aujourd’hui 19 Mars 2020, au Niger, un premier cas de coronavirus fait son apparition. Il est plus que jamais important que chacun garde son calme. La panique empêche la réflexion, l’analyse et la rationalité en ces temps de pandémie mondiale où nous en avons tant besoin.

Dans les années 80, avec le Sida, plus de deux ans ont été nécessaires pour identifier le virus. Imaginons la catastrophe s’il en avait été ainsi pour ce nouveau coronavirus dont les premiers cas ont été signalés en Chine fin décembre 2019, et où dès le 7 janvier, le virus responsable, le Sars-Co2 , avait déjà été identifié.  Au jour 10, la séquence de son génome était disponible.

Il faut tout de même garder une donnée importante à l’esprit, c’est que la vaste majorité des gens se rétablissent. Dans tous les pays où l’épidémie sévit ou a sévi, environ 85 % des patients infectés par le coronavirus se remettent complètement au bout de quelques jours.

Nous en sommes au stade 1 de l’épidémie au Niger, mais les autorités ont décrété depuis 2 jours les mesures de protection de stade 2. Etre en avance en matière de mesures prises par rapport au stade de l’épidémie permet de mieux prévenir la contamination et donne aux décideurs le temps de prendre les dispositions idoines en matière de dépistage, d’organisation, de formation des ressources humaines et de mise en place des thérapies.

Personne ne peut dire à ce premier stade de l’épidémie quelle sera son évolution mais ce qui est sûr, c’est que plus les mesures décrétées par le Ministère de la santé sont respectées par chacun de nous, plus nous ferons barrière au virus.

Chaque citoyen à ce stade peut participer à la cassure de la propagation du virus en se protégeant, en protégeant les proches, avec le respect des mesures décrétées par l’Etat et en sensibilisant autour de soi sur le lavage fréquent des mains au savon et les autres gestes barrières : pas de salutations, pas de contacts, pas d’attroupements et de la distanciation d'1 mètre minimum.

Les sociétés et services publics doivent aménager les zones de distanciation, protéger le personnel qui fait face aux clients et procéder au nettoyage régulier des endroits ou objets en contact avec les mains. La désinfection des surfaces peut se faire valablement avec une dilution de 4 cuillères à café d’eau de javel dans un litre d’eau courante.

Les médias TV, radios et radios communautaires doivent relayer en langues nationales toutes les mesures à prendre pour faire barrière au virus.

L’Etat pour rassurer la population doit communiquer régulièrement sur le nombre de cas, sur les dispositions prises, sur les centres de référence, les lieux et moyens de diagnostic et les lieux de traitement.

Concernant les informations sur les réseaux sociaux, sachons raison garder, faire le discernement entre vraies infos et fake news et éviter la propagation de ces dernières. Un climat de psychose peut être parfois plus préjudiciable que le virus.

Dr Djamila Ferdjani